De l’art ou du cochon ?

Vous êtes une belle bande d’ingrats ! Oui, vous qui me lisez régulièrement maintenant.
Certes mon blog ne fait pas partie de la blogosphère mondiale point de vue visites mais vous êtes (étonnamment) suffisamment nombreux à mon goût pour m’obliger à trouver de quoi alimenter vos lectures.
Comme disait Maître Ducros, « À quoi ça sert que je me décarcasse ? ». C’est vrai ça, à quoi ça sert qu’on se fende en deux pour parler d’autre chose que de la pluie et du beau temps, qu’on essaye de faire dans l’original ?
Vous ne l’avez même pas remarqué. Peut-être êtes-vous de ceux qui lisent juste les hauts d’affiche, les débuts d’article, le maître de la lecture diagonale, le chantre de la ligne sautée.
Avez-vous remarqué sur la droite, oui là juste à droite dans la colonne qui borde ce texte, il y a des liens ? Avez-vous vu le truc marqué « blogroll » ? Non, vous ne l’avez pas vu, je le sais, Big brother me dit tout, vous ne cliquez quasiment jamais sur ces blogs « amis ». Non, pas ami : suivis, appréciés seraient des termes plus appropriés.
Je vais faire une aparté. C’est fou comme la signification des mots change avec les nouvelles technologies. « Ami » désormais ça sonne Facebook.
Je déteste Facebook, ne m’y cherchez pas, je n’ai pas de voyage bidon, de vidéo de chatons ni de recette maison ratée à « partager ».
N’essayez pas de dire « j’aime » à cet article (ça serait très paradoxal en soi…), comment peut-on aimer quand on a 789 « amis » qui distillent leurs conneries en continu, qui étalent au monde entier le fait qu’ils n’ont pas de vie et qui noient votre « mur » de trucs insignifiants ? C’est quoi l’amour pour vous ? Ne confondez pas bit et bite…

Donc vous, les ingrats, vous n’avez même pas vu que j’avais mis le lien sur un blog australien « The whole larder love« . Non, n’insistez pas je vois qui clique sur quoi, n’essayez pas de vous justifier je sais tout ce que vous faites sur mon blog !
Ce blog écrit par Rohan Anderson m’a harponné avec une simple image : des morilles ! Et oui, en Australie c’est la saison des morilles et le fumet d’une poignée d’entre elles m’est arrivé dans les narines ou du moins dans la partie de mon cerveau détraqué qui est supposée me restituer les odeurs. J’étais fait !
Rohan Anderson est un gars bizarre : un gros nounours avec une casquette à l’américaine qui a décidé de vivre et de bouffer le plus naturellement possible. Ce n’est pas un « grano » bio, végé(x) (remplacer le x par tarien, talien, taré, etc…), il n’a pas choisi la simplicité volontaire mais plutôt un épicurien qui vit un peu comme on peut le voir encore à la campagne, hors des gros circuits de distribution commerciaux.
Son blog vaut le détour. En plus d’image aussi bien léchées que ses petits plats, Rohan nous fait redécouvrir ce que nous savions déjà mais que nous avions volontairement enterré pour diverses raisons. Bouffer ce que la nature nous donne, aux bonnes saisons et même en le produisant nous-mêmes ! Faites votre jardin !
L’homme a un côté un peu fou : il n’hésitera pas à construire un fumoir « grandeur nature ».

Parcourez les pages de son blog, allez voir ses vidéos, vous passerez un bon moment. C’est un bon pêcheur aussi à priori.
Ah oui j’allais oublier, il sort un livre : « The Whole larder love« .
Un gars qui met un Opinel sur la couverture de son bouquin ne peut pas être foncièrement mauvais ! 😉

Mieux que « Aquarium channel »

Je ne sais pas si vous avez le câble ou la TV HD ou tout autre truc qui vous fournit 537 canaux dont 532 sont inutiles, toujours est-il qu’avec la Fibe TV (un truc de Bell) vient un canal nommé « Aquarium channel ». Que propose ce canal ? Rien, sinon une vidéo d’aquarium d’eau salée qui tourne 24h/24. Le pied !
J’avais eu dans un bas de Noël un DVD « feu de foyer », juste pour me niaiser. On est dans le même style sauf que là c’est de l’eau dont il s’agit. Un pour l’hiver, l’autre pour l’été en somme…
Vous connaissez surement la GoPro. Cette petite caméra tout terrain, tout temps et « tout-proof » a révolutionné quelque peu la vidéo amateur. On peut la mettre sur son casque en faisant les pirouettes les plus débiles qui soient (ne pas oublier de mettre un t-shirt Red Bull, ça fait plus vrai), on peut la mettre sur un canne à pêche (très logique quand on paye 500$ pour gagner quelques grammes sur son matériel), on peut même l’immerger. Bref, le quidam peut se transformer désormais en véritable James Cameron et explorer les abysses ou garder un souvenir impérissable de son premier saut en parachute voire même du saut à l’élastique de l’extrême, malgré que ce ne soit plus à la mode. Remarquez, la caméra est généralement posée sur le casque, pratique pour éviter les plans humides de l’entre-jambes.

Où voulais-je en venir ? Simplement à une vidéo trouvée sur viméo qui montre des saumons lutter contre le courant. Faite à la GoPro, cette vidéo montre le poisson dans son élément naturel, tel qu’on ne le voit jamais, qu’on l’imagine tout au plus.
Rien que pour cela, elle mérite le coup d’oeil et excuse à elle seule l’existence de cette petite caméra, si souvent utilisée à des fins plus extrêmes.

Je vous le disais : Mieux qu’Aquarium channel…

Je vous l’avais dit !

Et voilà !
Ce matin je me pète les bretelles comme on dit ici car j’avais raison…
Retour en arrière pour la petite histoire : j’avais publié, lors d’un de mes tout premiers articles « Et au milieu, non je déconne…« , une analyse ironique quant à la perception de la discipline, sous forme de mise en garde à quiconque citerait le film de Robert Redford « A river runs trough it » (« Au milieu coule une rivière » en France et « La rivière du sixième jour » au Québec) afin d’engager la conversation sur la pêche à la mouche.
Voilà, nous y sommes ! Ce n’est pas une discussion de comptoir que je relate, ni un échange de salon et encore moins une discussion de fin de soirée lors d’une fête de famille trop arrosée. Non, rien de tout cela !
« La Presse », journal centenaire québecois de consonance libérale (disons qu’on pourrait l’approcher du journal français « Le Figaro ») veut faire dans « l’écologiquement correct » ou peut-être plutôt dans le « naturellement branché ».
« Envouaye donc « ! Ils ont décidé de planter la pauvre Violaine Ballivy qui a l’air aussi à l’aise avec un hameçon de 14 dans les mains que moi avec un kit d’épilation à la cire, sur un article exotique : « La terre promise des pêcheurs à la mouche »… Peuchère !
Violaine a choisi de parler du Montana, « la Mecque » de la discipline, rien de moins… Enfin quand je dis parler, si on fait abstraction de la référence faite au film vieux de vingt longues années, on n’apprend pas grand chose sur cet état du nord des États-Unis, halieutiquement parlant.
Mais Bon Dieu, où veut-elle nous amener la brave Violaine ??? Je doute qu’elle en ait elle-même une idée précise. Est-elle restée sur l’image d’un Brad Pitt encore duveteux qui se laisse emporter par la courant, une énorme arc-en-ciel au bout de la ligne, nous entrainant avec lui vers l’assouvissement inéluctable des  fantasmes « moucheurs » les plus secrets ?

J’ai beau lire et relire l’article, mis à part une somme non négligeable de clichés et des témoignages poignants d’illustres inconnus qui ne nous apprennent rien, je n’arrive pas à trouver la substantifique moelle qui devait me conduire à l’épanouissement personnel, au sevrage émotionnel, au nirvana de la jouissance halieutique. La Terre promise, imaginez ! Pourtant, rien, électrocardiogramme plat… Je suis surement un frigide littéraire.

Soit, nous irons tous migrer vers le Montana au printemps, canne à la main, chapeau plein de « pheasant tails », alignés comme une horde de manchots sur la banquise. Mais s’il vous plait Violaine, laissez reposer en paix Norman Mclean, lâchez les clichés poussiéreux. Je ne pense pas que vous introduiriez un spectacle des ballets du Bolchoï par une séquence de « Dirty dancing »…
Un point positif tout de même, l’emphase est mise (très brièvement) sur le « catch and release » et la préservation des ressources.
Finalement, je préférais quand Violaine nous décrivait la recette du clafoutis au cerises et aux pêches… 😉

Porte-bobine et porte-outils en bois.

Le Québec est plein de ressources !
Bien sur, le cliché du bucheron québecois à chemise à carreaux perdure.
Je le dis pour les Français qui lisent ce blog : non, nous n’avons plus de gros bucheron à chemise rouge, non nous ne vivons pas sous terre l’hiver à Montréal, non les indiens des premières nations du Québec n’ont jamais eu de plumes sur la tête ni le tipi comme habitation (ma chérie me précise que c’était des wigwam faits de branches de sapin, pour les quelques tribus nomades), non il n’y a pas de motoneige qui roule dans les rues de Montréal ni de loups ou d’ours et encore moins d’igloos…
Oui par contre il y a des artistes (Cirque du Soleil, Juste pour rire, Ubi soft, etc.) et des gens qui savent faire des choses formidables de leurs mains.

J’ai eu la chance de rencontrer Michel qui, en plus d’être un fervent moucheur, sait travailler le bois. Je lui ai commandé des porte-bobines et un porte-outils qu’il a réalisé sur mesure pour moi.
En plus d’être pratiques et solides, ils sont beaux !

Le porte-bobines permet d’accueillir 50 bobines au format UNI et le porte-outils une quinzaine d’outils plus des emplacements pour les flacons, égaliseurs de poils, etc.
J’utilise aussi un « tourniquet » à cristal-flash de sa réalisation, très pratique et très beau.

Modification en date du 23 mars 2015 : Malheureusement, Michel ne propose plus ses porte-bobines. J’ai régulièrement des demandes pour en acquérir… Il existe désormais des modèles similaires vendus dans les magasins de pêche à la mouche.

Ces petits gadgets qui nous changent la vie.

Je m’étais souvent dit qu’il me faudrait un petit appareil photo pour m’accompagner lors des sorties de pêche. Le genre d’appareil qui sait se faire oublier mais qui demeure un fidèle compagnon pour immortaliser les quelques prises remarquables et les bons moments passés au bord de l’eau ou plus précisément les pieds dans l’eau.
J’ai regardé les diverses options disponibles sur le marché. J’aurais bien aimé acquérir un Nikon AW100 mais en ces temps de disette, l’aspect financier prend le dessus, d’autant que nos pétroliers préférés ont jugé opportun d’augmenter l’essence à un niveau record… Les cons !
Va donc pour le moins cher mais pas pour autant le moins intéressant des appareils submersibles, puisqu’il propose ni plus ni moins les mêmes options et les mêmes limites que ses grands frères. Oubliez les fichiers RAW, les modes M, A, S, oubliez les possibilités avancées sur un tel boitier; l’essentiel est qu’il soit submersible et qu’il puisse résister aux mauvais traitements que lui inflige sa présence sur moi, les pieds dans l’eau, la canne à la main.

Ce soir je suis allé m’amuser quelques très courtes heures après la journée de travail, sur la rivière des Mille iles. J’ai cru que la soirée allait être un copier/coller de ma « Journée de M… ». Ça avait bien commencé car tout semblait manigancer afin que je ne puisse pas me rendre dans l’eau avant le coucher du soleil. Chose qui fut faite malgré tout, mais de très grande justesse. J’ai pu au moins profiter d’un coucher de soleil au beau milieu de la rivière; toujours agréable.
J’ai essayé aussi le nouveau jouet qu’une folie passagère m’a fait acquérir, le Olympus Though TG-320. Beau petit boitier submersible, anti-choc, 14Mpx etc…
Pour l’inaugurer, un petit achigan a bien voulu prendre la pose. Ce sera ma seule prise de la très courte soirée de pêche.
Côté technique, je n’ai rien réglé, j’ai laissé l’appareil en mode Panique se débrouiller comme un grand. Le soleil était couché et le flash a pris le relais pour un résultat que je trouve plus qu’honnête vu le prix de la machine (160$+Txs).

Vous remarquerez toute l’ambition de ce jeune achigan à petite bouche qui n’a pas hésité à saisir mon popers en poil de chevreuil, d’une taille respectable pour sa gueule. 🙂

Le danger que je sens poindre désormais réside dans l’idée que l’obsession de l’image l’emporte sur la pêche. Discipline et fond de poche seront mes crédos pour le restant de la saison, histoire de laisser tomber l’excitation que génère ce nouveau jouet…

Ah oui, j’oubliais… La semaine dernière, au même endroit, j’ai sorti le grand frère de ce petit achigan : 14″ (35 cm) et environ 4lb. Pas d’appareil, pas de preuve. 🙂

Un petit voyage dans les rocheuses ?

Pour ceux qui rêvent comme moi, de voir de près les rocheuses et mieux encore, pouvoir y lancer sa mouche, voici un ouvrage disponible presque entièrement en ligne et qui doit être à mon avis la bible pour ce genre de trip…
Le »Fly fishing guide to Rocky mountains » de Steven B. Schweitzer constitue une solide base pour organiser un voyage sans faille dans le parc national des montagnes rocheuses (proche de Denver aux USA).
Seules manquent les 50 dernières pages (sur plus de 240) contenant divers renseignements (magasins, chartes d’éclosion, difficultés des randonnées, etc.).
On se consolera en consultant le site internet  http://www.flyfishingrmnp.com/index.html où sont consignés beaucoup de vidéos, conseils, toilettes de mouches, il y a même des podcasts…

Pour ceux qui envisagent réellement le voyage, ce seront 29.95$ bien investis dans la version papier.
Pour les autres, il n’est pas interdit de rêver en feuilletant virtuellement l’ouvrage.

Gooooo Weeeessst !