Les enjeux du futur pour nos cours d’eau.

Le monde change. Cette petite phrase est tellement banale qu’elle pourrait paraître mal placée en tête d’un article.
Évidemment que les temps changent, évidemment que les hommes changent, que la société évolue !
J’ai l’impression d’écrire une dissertation imposée par un quelconque professeur de français. Peut-on traiter du sujet des enjeux économico-écologiques de nos cours d’eau sans sombrer dans le cliché ?
D’accord, on va arrêter avec les justifications, les excuses et les méa-culpas qui devraient m’épargner ce sentiment honteux du « politiquement correct »  face à ce besoin soudain de penser à la conservation de nos cours d’eau.

Le problème est mondial. Je lis, au gré des forums, maints récits d’associations et de pêcheurs qui s’indignent de la pollution que subissent encore les cours d’eau, de l’exploitation irraisonnée des ressources mais surtout de la légifération toujours plus permissive envers les lobbies de tous ordres.
L’eau est un élément essentiel pour la majorité des industries et donc un maillon important de l’économie mondiale. Les politiques mises en place se doivent aussi bien de gérer l’économie que la pérennité des ressources. Ils oublient trop souvent qu’ils sont aussi les garants du bon état de la santé publique. Peut-on concilier raisonnablement et durablement tous ces enjeux ?

Je vais m’attarder plus longuement sur le cas canadien puisque c’est ici que je vis. Je reste toutefois solidaire de ceux qui se battent pour préserver leurs ressources comme sur le Rhône, la Loue, l’Ain, etc.
En décembre 2012 le gouvernement canadien de Stephen Harper a décidé de modifier la loi sur la protection des cours d’eau et des espèces menacées. Évidemment, cela a été fait sans aucune consultation publique ni avis scientifique, sans même une seule étude d’impact environnemental sur les conséquence de la loi C-45 (c’est ainsi qu’elle se nomme) passée en catimini. Pour faire court, cette loi déclassifie nombre de cours d’eau protégés et n’assure plus aucune protection à certaines espèces en danger dans les lacs et cours d’eau canadiens.

Campagne de "publicité" du collectif "eau secours" au Québec. www.eausecours.org

Campagne de « publicité » relayée par le collectif « eau secours » au Québec. http://www.eausecours.org

À qui profite le crime ? Pas besoin d’investiguer bien longtemps pour mettre à jour la connivence qui existe entre le gouvernement conservateur de Harper (élu et domicilié à Calgary, Alberta) et l’industrie pétrolière (largement implantée dans cette province avec l’exploitation des sables bitumineux).
Là où l’histoire devient somptueuse, c’est qu’il se trouve que le gouvernement canadien aimerait voir quelques pipelines traverser le pays de toutes parts afin d’acheminer le précieux liquide noir produit dans sa province, aussi bien à destination de l’Est du continent qu’au sud pour nos « amis » américains. Malheureusement, tracer un pipeline en évitant les zones protégées, ça n’est pas une sinécure.
« Quand tu rencontres un problème, contourne-le » disait le sage. C’est ce que le gouvernement canadien a fait : On ne peut pas traverser une zone protégée ? Alors retirons-lui sa protection !
Comme la prévenance est une des qualités principales de Stephen Harper, surtout quand il s’agit des affaires de l’industrie pétrolière (n’oublions pas que ce gouvernement a fait sortir le Canada du protocole de Kyoto), il a purement et simplement rendu le territoire canadien ouvert à toute prospection pétrolière, à toute exploitation, sans considération même minime de l’environnement et des ressources.
Pourquoi tant de prévenance ?

Tout le monde a entendu parler du fameux gaz de schiste. La nouvelle marotte des sociétés pétrolières fait déjà des ravages à travers le monde et la contestation populaire bien compréhensible commence à s’organiser partout où cette industrie tente de s’implanter.
Récemment, dans l’ouest canadien, en Colombie-Britannique plus précisément, une première bataille a été gagnée par les défenseurs des ressources naturelles de cette province.
La « Skeena Watershed Conservation Coalition » est un organisme sans but lucratif fondé afin de défendre et de préserver la rivière Skeena et ses tributaires. Cette rivière est le berceau d’une des plus importantes populations de saumons au Canada puisque plus de cinq millions d’individus ont déjà été comptés lors des migrations. Le bassin versant de la rivière Skeena englobe une large partie du territoire autochtone de la nation Tahltan.
Après dix années de lutte acharnée, le gouvernement de Colombie-Britannique, Shell et la nation Tahltan viennent d’annoncer un « pacte de non agression » qui garantit qu’aucune exploitation de gaz de houille (coal bed methan) ne sera jamais faite sur ces territoires. Le gaz de houille est un gaz que l’on peut considérer « proche » du gaz de schiste par le procédé d’extraction hydraulique employé pour son exploitation.

Je ne connais pas les termes précis de cette entente et elle n’implique que quelques acteurs du monde des affaires. Un gouvernement provincial, ça n’a pas une durée de vie très longue et il est facile de balayer d’un coup de crayon des accords passés par un autre gouvernement, qui plus est quand celui-ci n’est pas de votre bord. Cette vérité est bonne dans les deux sens.
Souhaitons que les Canadiens s’en souviendront quand il sera temps de voter pour le prochain gouvernement !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s