Régénérez votre dessicant à mouches.

J’adore écrire ce genre d’article. J’aurais pu vous parler de chatons, poster une vidéo de Youtube où un perroquet chante l’hymne américain mais j’ai décidé de vous parler d’un truc con, d’un truc tout bête qui a rendu ma journée plus agréable. Voyez, il ne m’en faut pas beaucoup pour être heureux… Je vais vous donner une astuce !
Je suis bricoleur dans l’âme, j’aime tout ce qui permet, via des moyens limités, d’agrémenter ma vie de pauvre pêcheur. Non pas que je réinvente la roue, je n’ai rien inventé mais comme mes moyens sont limités, comme beaucoup dans le contexte actuel, j’essaye de feinter, esquiver, fuir la moindre dépense inutile (NON, acheter une canne, des plumes, 10Kg d’hameçons ce n’est pas inutile… Je te le jure ma douce. 🙂 )

J’utilise abondamment et avec succès depuis un certain temps, un produit vendu par Loon Outdoors pour sécher mes mouches.

looneasydry Le Easy Dry est un produit simple d’utilisation, qui ne détériore pas les mouches puisqu’il ne s’agit pas de les presser entre deux tampons absorbants pour les sécher. Ce produit est durable dans le temps du moins de manière limitée puisqu’il s’agit de matériaux dessiccatifs qui, une fois saturés en humidité, n’ont plus aucun pouvoir d’absorption. Je l’ai tout de même utilisé pendant deux saisons
Si on suit les recommandations du fabricant, une fois que les petits cristaux indicateurs bleutés virent au rose, il convient de le changer.

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Les cristaux indicateurs virent au rose lorsque le produit n’est plus efficace.

Je sais que l’industrie utilise des dessicants qui ressemblent à s’y méprendre à ceux contenus dans le petit tube de Loon Outdoors. Or, ceux-ci sont généralement régénérés lorsqu’ils sont saturés d’eau.
Après quelques recherches via mon ami google, j’ai trouvé la « recette » de régénération somme toute très simple : mettre au four à 210°C durant deux heures… Et voilà !
Ce matin, je me suis empressé, non sans avoir communiqué avec Loon pour demander conseil et dont la réponse fut très évasive du genre : « bah essayez, vous verrez bien » (merci…), d’enfourner mon matériau dessiccatif dans le four pendant deux heures. Et là, Ô miracle, je me retrouve avec un matériaux qui a repris sa couleur d’origine (un beau bleu bien profond) signe de retour à son efficacité originelle.

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Après deux heures à 210°C, le produit est régénéré !

En conclusion, Loon Outdoors qui communique largement sur le fait que ses (très bons) produits sont « environment safe », ce qui est surement vrai, oublie de dire qu’avant tout, la meilleure des choses pour l’environnement c’est de ne pas jeter et de consommer modérément et, le cas échéant, de faire durer le plus possible un produit qui a l’incroyable faculté de pouvoir être régénéré !
Merci Loon ! 🙂

Joan Wulff New Fly-Casting Techniques

J’ai commandé il y a quelques jours le livre « ultime » de Joan Wulff : New Fly-Casting Techniques (Édition 2012).
Tout le monde connait Joan Wulff. Non ? Pour ceux qui vivent sur une île déserte, Joan Wulff et son défunt mari Lee Wulff sont les piliers de tout un pan de la pêche à la mouche aux États-Unis. Ils ont crée en 1979 la « Wulff School of Fly-fishing » qui a formé des milliers de pêcheurs et instructeurs depuis. Joan a été championne US de lancer de distance entre 1943 et 1960 devant tout un parterre d’hommes médusés par la performance d’une des trop rares femmes, à l’époque et encore aujourd’hui, à se consacrer à la pêche à la mouche. Elle a tout de même un record de lancer à 161 pieds  (plus de 49m) ! Les Wulff sont aussi à l’origine de toute une gamme de produits de qualité que l’on retrouve aujourd’hui encore sur le marché. Joan Salvato Wulff est une légende vivante qui ne dédaigne pas, encore aujourd’hui à 87 ans, à superviser ses élèves et à leur prodiguer ses conseils. Son nom est associé au style, à l’élégance et à la technique parfaite du lancer à la mouche.

Quelle classe !

Quelle classe au lancer !

Son livre est LA bible pour les techniques de lancer. Elle en aborde quasiment toutes les facettes et analyse les pièges à éviter, détaille les erreurs courantes dans chaque phase du lancer et propose des exercices pour les corriger.

joanwullfbookSi je devais partir sur cette fameuse île déserte avec seulement deux livres, je pense que celui-ci serait du voyage.  Associé à l’excellent « The Fly Tyer’s Benchside Reference » je serais certain alors de pouvoir vivre longtemps en attrapant de beaux poissons !

Amis de vingt ans.

C’est la fin de l’été, le soleil brille, les vacances se terminent, du moins pour certains. L’été est souvent propice à la résurgence de souvenirs. On revoit du monde qu’on n’avait pas vu depuis des années, on visite des lieux qu’on n’avait pas visités depuis très longtemps. Les odeurs… Je ne sais pas pour vous mais j’ai une mémoire olfactive très développée. Vous souvenez-vous de l’odeur de tarte chez votre grand-mère, de celle des champs tout juste fauchés, celle de vos mains après votre premier poisson à vie ?
Mon enfance est jalonnée de repères olfactifs. Les plus fameux sentent la bouse, l’étable, la bouillie de patates de carottes et de choux pour les poules. Mon grand-père ne manquait pas de me mettre quelques patates chaudes de côté quand j’allais à la pêche. Si vous saviez combien elles sentaient bon, imprégnées des odeurs de tous les autres légumes ! Je n’ai malheureusement jamais retrouvé cette odeur mais parfois je la hume en fermant les yeux, comme il y a 30 ans de cela…
L’odeur des boules à mites, ça vous sort de léthargie le plus froid des macchabées ! J’espère seulement que celui qui a découvert cette substance horrible n’a pas eu de prix Nobel. Ressortir du vieux stock de pêche qui sent la boule à mites comme on dit au Québec, est parfois plaisant. J’ai ressorti la première canne à mouche que j’avais acquise voilà un peu plus de vingt ans. Une Garbolino soie #5 de 9 pieds. Avec le petit peu d’expérience que j’ai acquis depuis, en lui chaussant sa soie d’origine, j’ai été étonné de l’action de celle-ci qui est très proche des fibres de verre moderne malgré qu’elle soit en carbone. J’ai ressorti aussi le vieux moulinet dont la fabrication m’a agréablement surpris : un Fly Axle I de Shina. Je ne me souvenais plus du tout de cette marque, c’était surement le moulinet pas cher de l’époque…

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La construction est robuste malgré qu’il soit en aluminium moulé. Deux roulement situés en dessous du moulinet permettent une bonne glisse de la soie.

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Un système de frein progressif très efficace, empêche l’emballement même en position desserré. C’est un moulinet d’entrée de gamme mais plutôt bien fait et de toute façon il a désormais une valeur sentimentale pour moi.

Ma plus grande surprise fut de retrouver une soie synthétique en excellent état plus de vingt ans après l’avoir laissée. Pourtant les conditions de stockage n’ont pas été idéales puisque la pièce où elle fut entreposée descendait allégrement en dessous de 0°C durant l’hiver.

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Je l’ai essayée et elle se comporte très bien. Au toucher lors d’un graissage, il s’agit surement d’une DT5. Il parait que les soies synthétiques ne durent pas dans le temps. Certes ce ne sont pas les quelques poissons qu’elle a sortis qui l’auraient fortement endommagé mais tout de même… 20 ans !
En parlant de soie, je m’intéresse depuis quelques semaines à une autre sorte de soie : les soies dites naturelles. Ce sont des soies qui sont fabriquées selon les procédés anciens et qui garnissaient nombre de cannes en bambou au début du vingtième siècle. Oh, la recette n’est pas très compliquée, principalement faite d’huile de lin, ce qui l’est (compliqué) c’est d’avoir la patience d’aller au bout du processus car il peut prendre plusieurs mois. Les soies naturelles, si elles sont bien entretenues, durent des décennies parait-il.

Je suis certain désormais que les bonnes soies synthétiques durent au moins aussi longtemps que les soies naturelles en leur donnant infiniment moins de soin. Toutefois, je suis prêt à tenter l’expérience et j’avoue que de monter une naturelle sur mon petit Vosseler qui équipe ma fibre de verre Lamiglas #3 de chez Custom Fly Rod Crafters.
Pourquoi pas carrément tenter l’expérience d’en faire une moi-même ? Un parfum de nostalgie vient titiller mes narines. Ah l’odeur acre de l’huile de lin qui sèche…  😉