Nouveau jouet, nouvelle neige.

Je suis un enfant du printemps. N’imaginez pas un enfant courant dans les champs de coquelicots l’air hébété comme Candy courant derrière son raton laveur. Non, je suis un enfant qui a eu la bonne idée de naître deux jours avant le printemps.
J’ai toujours haï l’hiver. C’est paradoxal, j’ai quitté le sud de la France pour m’établir au Québec… Je vous le dis : je suis un type bizarre.
Cette année l’hiver… Ou plutôt devrais-je dire cette année n’est qu’hiver. Ça fait tellement longtemps qu’on se pèle les doigts de pieds avec un mercure qui ne remonte pas en dessus de 0°c qu’on ne se souvient plus très bien quand fut le dernier moment où la douceur de l’air nous chatouillait le nez, où l’on pouvait vaquer à nos occupations halieutiques, les pieds dans l’eau, sans avoir à sortir le scaphandre chauffé. C’était surement en 2012… Non plus longtemps que ça… 2011 ? Je ne sais plus…
Toujours est-il que j’avais l’habitude, enfant, de recevoir mes petits camarades pour le party d’anniversaire en t-shirt et en sandales, barbecue à volonté, gâteau d’anniversaire aux merguez ! Non, ce n’est pas vrai. Je n’ai aucun souvenir de party d’anniversaire, enfant. Mes premiers souvenirs remontent à bien moins longtemps, le temps où pour fêter ses vingt ans on arrosait de vodka ou de tout autre alcool fort, une soirée qui finissait au mieux couché sur une banquette de boite de nuit, au pire, devant la porte d’entrée dont le code aura pris la tangente avec le dernier spasme d’un vomi qu’on essaye maladroitement d’éviter en posant sa tête contre le sol bétonné. Vous l’aurez compris, même pour ça il faut du beau temps ! Un minimum de respect point de vue température, pas -11°c !
Un an de plus ! J’avais fait une petite liste à ma douce qui demandait quel cadeau j’aimerais avoir. Malin je suis, je lui ai fait une liste… de cannes à pêche ! 🙂 Comme ça, pas d’embrouille, le cadeau taperait forcément dans le mille ! Et quel mille !!!
Je n’ai eu rien de moins qu’une belle canne Tenkara SATO, vous savez le modèle le plus cher que vous mettez en désespoir de cause sur la liste en vous disant que ça ne sera pas celle-là qui viendra, vous l’avez mise là uniquement pour faire comprendre à votre douce moitié qu’il y a des trucs bien chers (et bien plus chers encore) que vous aspirez à avoir mais que celle qui est juste après dans la liste fera très bien l’affaire aussi. 🙂
Ce matin, en me levant, j’ai vu qu’il y avait déjà une bonne dizaine de centimètres de neige. Cette année, l’hiver…

Canne Tenkara USA Sato (photo du site Tenkara USA).

Canne Tenkara USA Sato (photo du site Tenkara USA).

Le plomb, cet ennemi insidieux à combattre.

On a tous un jour pêché avec un leurre plombé.
Du petit plomb fendu (split shot) à l’olive de 30 grammes en passant par la tête de jig, tôt ou tard, tout pêcheur français ou canadien a balancé à l’eau sa ligne pourvue de plomb.

Plomb :  (wikipedia)
Le plomb est un élément chimique de la famille des cristallogènes, de symbole Pb et de numéro atomique 82. Le mot et le symbole viennent du latin plumbum.

Le plomb est un métal gris bleuâtre, blanchissant lentement en s’oxydant, malléable. C’est un élément toxique, mutagène, et reprotoxique, sans valeur connue d’oligoélément. Il a en effet été classé comme potentiellement cancérigène en 1980, classé dans le groupe 2B par le CIRC puis comme probablement cancérigène pour l’homme et l’animal en 2004. Deux sels de plomb (chromate de plomb et arséniate de plomb), sont considérés comme carcinogènes certains par le CIRC .

Le plomb est un contaminant de l’environnement, toxique et écotoxique dès les faibles doses. Les maladies et symptômes qu’il provoque chez l’homme ou l’animal sont regroupées sous le nom de « saturnisme ».

Le mot est lâché : cancérigène ! C’est supposé faire peur et ça devrait suffire à  changer le monde définitivement. Et pourtant…
Il ne faut pas chercher bien loin pour trouver des vidéos ou des textes scientifiques démontrant la toxicité certaine de ce métal pour l’homme et pour l’environnement. Malgré tout, celui-ci est encore abondamment utilisé dans l’industrie en 2013 et dispersé dans la nature sans aucun scrupule. Les munitions de chasse en sont un bel exemple, les articles de pêche en sont un autre.
Vous me direz : « Oui mais bon, ce n’est pas un petit plomb de quelques fractions de grammes qui va changer quelque chose ». Vous aurez tort !
Le plomb s’oxyde très lentement, garantissant une diffusion lente et continue dans le milieu pollué s’ajoutant chaque année à la pollution des années précédentes. Combien de mouches plombées, de têtes de jigs, de bas de lignes plombés avez-vous déjà perdu lors de vos séances de pêche ? Pensez-vous réellement que ceux-ci sont sans conséquence pour la santé de votre rivière préférée ? Et si tous les pêcheurs qui empruntent le même parcours que vous pensent la même chose, que se passe t-il ?

D’après le très sérieux USGS (US Geological survey) un terrain d’une acre (200mx200m) en campagne peut contenir plus de 400 000 plombs de chasse !  Pour vous donner une idée, aux USA sont vendues annuellement pas moins de 4 382 tonnes de plomb en articles de pêche sous formes diverses (plombs fendus, leurres, têtes de jig, etc.)  ! Combien de tonnes sont-elles vendues au Canada et en Europe, quand on sait que le plomb est déjà prohibé partiellement ou complètement dans plusieurs états américains, aussi bien pour la pêche que pour la chasse ?

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Tête de jig, olive, hameçon lesté… Accessoires habituels de bien des pêcheurs « pur plomb »… Un désastre pour nos rivières…

L’état de Californie, par son avis d’interdiction adopté en 2008 dans la zone de vie des condors, a été un des pionniers dans la lutte à la pollution au plomb qui décimait des populations déjà fragiles et même considérées comme étant en danger d’extinction. Les condors consommaient des proies tuées par arme à feu et abandonnées, ingérant des grandes quantités de plomb provenant des munitions. Les résultats récents sur la mortalité des rapaces donnent raison aux autorités et prouvent l’efficacité des mesures prises.

Le 11 octobre dernier, l’état Californien a voté une interdiction totale quant à l’utilisation de plomb dans toutes les munitions (l’application se déroulera en plusieurs étapes jusqu’à l’interdiction totale en 2019…).

Environnement Canada rapporte qu’environ 2.5 millions d’oiseaux sont atteints de saturnisme en Amérique du Nord. Les causes principales à cette maladie sont l’ingestion de plomb de chasse et de pêche par l’intermédiaire de proies contaminées ou par ingestion directe (picorement, blessure…).

Le dossier concernant le saturnisme animal publié sur Wikipedia est très intéressant à lire.

plomb

Plombs de chasse contenus dans une seule cartouche.
Douze (environ 2 grammes) de ces plombs ingérés suffisent à tuer un cygne adulte ! (Source wikipédia, DR)

La faune halieutique est, elle aussi, victime des effets toxiques du plomb. Les alevins de nombreuses espèces sont sensibles à cette pollution létale à très faible dose. Les petits organismes aquatiques sont aussi très sensibles à cette pollution (larves, chironomes, gammares…) et accumulent des taux importants de métaux lourds qui finissent dans les organismes des prédateurs. Les oiseaux se nourrissant exclusivement de poissons et qui se trouvent donc en haut de la chaîne alimentaire, cumulent ainsi des taux de plomb importants dans leur organisme pouvant entrainer des maladies graves voire même la mort.
Un simple plomb pesant seulement quelques grammes, ingéré par un rapace (qu’il mettra plusieurs semaines, voire plus, à digérer) peut lui être fatal ! Ce plomb était peut-être accroché à la gueule du poisson qu’il vient de capturer…

Les pollutions sont nombreuses malheureusement et le plomb n’est qu’un élément parmi tant d’autres qui contribuent  à l’appauvrissement de la faune et à la destruction de notre environnement. En France, une étude sur le bassin Adour Garonne (corrélée avec une autre étude de l’Agence de L’Eau) apporte quelques données sur le risque lié à la consommation de poissons pêchés dans ce bassin. Même si les chiffres ne sont pas alarmants, ils révèlent parfois des taux de métaux lourds préoccupants notamment pour la consommation chez les jeunes enfants. Le plomb n’est peut-être pas le plus violent des poisons mais il constitue un danger certain pour tous et finit tôt ou tard dans nos assiettes à travers l’eau du robinet ou même des légumes frais achetés au marché qui auront été arrosés avec cette eau.

Les solutions à cette pollution existent et lorsque la volonté politique est bien présente, les résultats ne se font pas attendre. De ce côté-là, on peut lever notre chapeau aux états américains qui ont pris les mesures nécessaires à l’éradication de cette menace écologique.
La volonté de chacun peut contribuer à enrayer ces mauvaises pratiques et à renverser le cours des choses. Pourquoi s’entêter à utiliser le plomb pour nos loisirs quand il suffit de choisir un autre matériau comme le tungstène, non-toxique et abordable, pour arriver au même résultat ? Ça ne coûte pas grand chose et ça garantit un avenir meilleur pour nos cours d’eau et pour les populations locales déjà très touchées par les diverses menaces écologiques.

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Matériau de montage de mouche exempt de plomb : une bonne alternative.

Les fabricants sérieux proposent de plus en plus d’alternatives au plomb. Je n’utilise désormais que du fil de lestage pour mes mouches, estampillé « LEAD FREE ». Les habitudes sont dures à changer chez certains et souvent les arguments à cet immobilisme ne tiennent pas debout. La considération financière est souvent mise de l’avant. Le marché s’adapte : si la demande en produits alternatifs grandit, les prix baisseront.
Quel prix a l’avenir de nos rivières ?

Kenpo 360SE, une canne Tenkara… Très (trop) fragile.

La saison tire à sa fin, il est l’heure de faire quelques bilans.
Je vous ai parlé de mon intérêt pour le Tenkara. J’ai fait l’acquisition d’une canne Kenpo 360SE sur ebay chez « tenkara.gear.store« , boutique eBay d’Oleg, propriétaire de Tenkaratimes.com (un site de vente en ligne situé en République Tchèque) afin de pratiquer cette nouvelle technique pour moi. (1)

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La canne Kenpo 360SE action 6:4

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Les sections, l’embout avec le lilian et le bouchon en bois de rose.

La canne vient avec un kit de scion de pointe (3 sections) de rechange. Bonne idée… Enfin la bonne idée se transforme en suspicion quand après à peine une heure de pêche, le kit de rechange est déjà mis à contribution. Je n’ai pêché au total que quelques heures avec cette canne, ce fut très agréable. Cependant, j’ai dû faire face à pas moins de quatre cassures en quelques semaines. L’ensemble des sections fournies y est passé et j’ai même dû commander un nouveau kit afin d’avoir quelques pièces d’avance… Kit déjà pas mal entamé… 😦

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Cassure sur la troisième section du top, pourtant la plus large et la plus épaisse.

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Mon « trophée » de pêche de la saison 2013 Tenkara…

Le pire dans tout ça est que j’ai vu deux fois mon scion briser, simplement en tirant légèrement sur la ligne pour monter ma mouche ou pour montrer à des amis l’action de la canne. Non pas que j’aie tiré trop fort, loin de là, n’oublions pas que la canne est supposée ramener le poisson à portée de main et donc avoir un cintrage très serré, mais plutôt que les éléments ne sont pas fabriqués avec des matériaux de qualité selon moi.
L’avarie devient dramatique lorsque la ligne se brise en action de pêche. N’oubliez pas que le fil est simplement accroché à la pointe… Voir sa ligne dériver dans le courant avec une section de carbone au bout n’est jamais très plaisant…
Paradoxalement, ce n’est jamais le scion de pointe, le plus fin, qui brise. Toutefois, j’ai eu la surprise de voir se décoller mon lilian (le morceau de fil tressé en bout de canne) sans n’avoir rien fait…

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Le lilian se décolle sans raison…

J’ai eu une longue correspondance avec Oleg de TenkaraTimes.com qui a envoyé à ma demande et moyennant paiement (une quinzaine de dollars US), un kit de rechange.
Vu que j’arrive au bout du deuxième kit, la question de la fiabilité et de la garantie se pose. Depuis, le dialogue est beaucoup plus difficile et j’attends depuis plusieurs semaines un nouveau kit qui m’a été promis et devait m’être envoyé gracieusement (enfin gracieusement pour Oleg signifie qu’il facture des frais d’envoi)… En théorie car de l’autre côté du clavier c’est désormais silence radio…

En conclusion : si vous voulez débuter au Tenkara, je ne vous suggère pas cette canne malgré qu’elle soit agréable à manipuler. Certes son prix est alléchant (environ 80$+20$ de transport) mais ce n’est pas un bon investissement.
Je suis déçu par le service d’Oleg qui a été très bon tant que tout allait bien et qui s’est dégradé quand il s’agissait de faire face à ses responsabilités. La meilleure offre qui me fut faite fut un rabais de 20% sur une nouvelle canne…Big deal… Il est vrai qu’Oleg me fit la demande de lui retourner la Kenpo afin d’en envoyer une « autre » (laquelle ?), frais d’envoi à ma charge… Pour un montant correspondant à une nouvelle canne… Une belle offre de Gascon.
J’attends toujours les pièces promises et cela depuis plus de six semaines.
Les cannes Tenkara sont fragiles, c’est un fait. J’ai eu des échos de cassures dans d’autres marques, la Kenpo n’est pas une exception. Cependant, il est rare d’avoir affaire au service client plusieurs fois durant une saison de pêche.
Avant de choisir une canne, regardez le prix du kit de sections de rechange (et commandez-en au moins un avec votre canne) et demandez bien quel est le service offert en cas de problème. Un prix élevé n’est pas forcément synonyme de qualité. Choisissez un revendeur qui saura vous écouter et sera réactif. J’avoue que j’aurais peut-être dû investir un peu plus et acheter une canne chez un revendeur plus accessible…

Oleg, if you read me…

(1) Précision apportée suite à un mail d’Oleg, demandant de préciser que l’achat s’est fait sur eBay, non pas directement via son site Tenkaratimes.

C’est l’automne.

On ira, où tu voudras quand tu voudras…
Je sais ce n’est pas original mais il fallait bien trouver une façon de plugger « l’été indien » dans mon texte.
J’aime bien Joe Dassin. C’est kitch (quétaine comme on dit au Québec), c’est de la musique de « matante », un peu comme Aznavour mais j’aime bien.
En parlant de chanson, j’ai du Thiéfaine dans la tête. Pourquoi ? Aucune idée, il faudrait aller voir un psy pour comprendre. « La jambe de Rimbaud de retour à Marseille, comme un affreux cargo chargé d’étrons vermeils »… Romantique non ?
Enfin je ne suis pas là pour vous parler de ma discographie mais pour vous réveiller sur le fait que ça y’est ! On est en automne et pour de bon !
Ce soir j’ai voulu immortaliser ça, les feuilles rouges qui vont tomber. Le truc qui vous fait apprécier de vivre en appartement et de ne pas avoir un grand terrain plein d’arbres.

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Étang au bord de la route dans Lanaudière.

On a de la chance au Québec, depuis une semaine c’est à nouveau l’été, vous savez le fameux été des indiens que j’ai réussi à placer plus haut. On a même entendu chanter des cigales cet après-midi ! Si, si, juré ! Des cigales fin septembre au Québec mon bon monsieur ! Imaginez-vous ?!

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Les arbres rouges en arrière plan du lac Ouareau.

Hier, j’ai passé une bonne partie de l’après-midi les pieds dans l’eau. C’est agréable les pieds dans l’eau quand elle est fraiche et que le soleil cogne comme en plein mois de juillet.

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Sur un haut fond au milieu de la rivière des Mille-îles. (merci Phil pour la photo)

La pêche a été mauvaise. Personne, autant que nous fûmes, ne sortit le moindre poisson…
La pêche à Montréal (et dans toute la zone 8) ne ferme jamais. On a la chance de pouvoir taquiner le poisson (enfin il y a des périodes de fermeture par espèce) du printemps jusque z’au printemps comme dirait Brel.
J’ai des envies plus montagneuses que la morne plaine Montréalaise. Je n’ai pas pu assister à la réunion de vendredi aux MMM mais la présentation de « Trout unlimited » fut parait-il très intéressante, au point que j’ai très envie de participer à ce programme et d’aller visiter la rivière Chateauguay qui renait avec leur aide. http://www.chateauguayriverchapter.com/en/
Pourquoi ne pas aller y faire un tour bientôt, avant qu’il ne fasse froid pour de bon ? Affaire à suivre…

Septembre, c’est la rentrée pour le montage de mouches plus intensif. Enfin, c’est surement vrai quand on est à la retraite… Avec un petit poussin d’un an (bientôt), les journées sont bien remplies, si bien que malgré ma bonne volonté pour participer à des échanges, je n’ai pas le temps de me mettre devant l’étau pour honorer mon engagement. J’y arriverai, c’est sur !

Cette année, j’ai décidé, vu les nombreuses heures à ma disposition, d’innover et donc de me lancer dans le montage de canne. Je me suis inscrit afin de suivre un cours auprès des MMM au mois de Novembre. J’ai décidé de me monter une canne #5 en fibre de verre de 7 pieds. J’ai commandé le blank chez Graywolf (http://graywolfrods.blogspot.ca/) qui ne devrait plus tarder. Je travaille fort à décider quelle parure lui adjoindre : anneau en agathe, poignée cigare ou standard, liège grade « flor », porte moulinet en érable…
Autant de choix qui ne sont pas évidents quand on débute.
Je reviendrai dans le futur sur l’avancement du projet. Qui sait, peut-être un jour me demanderez-vous de vous monter une canne ? 😉

Hookés et joie de vivre.

J’aime les Hookés.
Je ne les connais pas personnellement mais chacune de leur vidéo, fort bien montée et réalisée (ce qui ne gâche rien au plaisir bien au contraire) est une petite perle qui vous fait oublier, l’ombre d’un instant les vicissitudes du quotidien. C’est intelligent, beau et ça fait du bien !
Allez-y, mettez-vous cette vidéo en HD plein écran, juste pour le plaisir.

Une rose, l’île de la Cité, un moustachu.

Connaissez-vous le parvis de Notre Dame ? Avez-vous déjà fait face au porche gothique de la cathédrale qui vous domine et vous aspire par sa clarté, maltraite votre regard de mille statues martyres qui ornent ses tympans ?
Cet endroit a quelque chose de magique. Pour sentir cette magie, il faut s’y rendre un soir d’hiver quand aucun touriste n’ose s’y aventurer afin d’entendre le bruit sourd de ces pierres qui vous susurrent, si vous y prêtez attention, huit cent cinquante  années d’histoire. La Seine coule paisiblement à ses pieds.
La promenade nous amène sur la rive sud du fleuve pour y trouver quelques restaurants grecs et autres spécialités orientales. Nombre d’entre eux longeaient le quai St-Michel il y a plus de vingt ans de cela. Je n’ai pas eu l’occasion d’y retourner récemment pour vérifier s’ils sont toujours présents.
J’avais, ce soir là, à l’occasion d’une rencontre des « anciens stagiaires » d’un magazine de mode bien connu pour lequel je travaillais alors, dégusté mon premier plat de seiche à l’encre. Je me souviens encore du doux fumet marin qui émanait de celui-ci mais surtout de la mixture d’un noir intense dans lequel il trempait, colorant sans pitié les dents et la langue des fins gourmets qui osaient s’aventurer à une dégustation.

Le hasard voulut que ce soir-là, Georges Moustaki était notre voisin de tablée. Rien de très extraordinaire jusque là, Paris à cela de fantastique que vous pouvez vous retrouver à déguster une bavette-échalotte en trinquant avec une personnalité célèbre dans n’importe quel troquet de la capitale.
Nous étions six à table. J’étais le seul garçon. N’oubliez pas qu’il s’agit d’une rencontre de stagiaires (et de la directrice photo de l’époque, mon amie Véronique) d’un magazine de mode… Évidemment, un vendeur ambulant est bien venu proposer à la gente féminine quelques roses comme cela est commun dans les restaurants parisiens. Bien sur, j’étais jeune et sans le sou, je ne pouvais me permettre d’offrir un tel bouquet à mes « collègues ». Cela ne parut pas déranger outre mesure, l’attitude courante consistant plutôt, par lassitude, à refuser poliment d’un geste de la tête. Inutile de faire de longs discours pour se justifier, le vendeur ne comprend généralement pas le français.
Tout allait pour le mieux jusqu’à ce qu’une des stagiaires, plus zélée que les autres, attrapa par le bras le pauvre vendeur paniqué et par je ne sais quelle magie, réussit à lui faire comprendre qu’elle aimerait bien que le monsieur assis à la table voisine, arborant une belle barbe blanche assortie à sa chevelure ébouriffée, lui offrit une rose. Évidemment, le vendeur s’exécuta sur le champ et l’on vit alors débarquer à notre table Georges Moustaki.
Bien sur, celui-ci se fit un plaisir de fleurir notre repas mais il le fit en me lançant un regard glacial et en m’achevant de quelque phrase assassine soulignant mon manque de galanterie, comme si j’avais remis en cause l’honneur même de la gente masculine !
Il y a des moments de solitude dans la vie qui marquent un homme à tout jamais. J’ai haï Moustaki pour le restant de ses jours.

Hier, la presse du monde entier a annoncé la mort du vieux barbu. Cet épisode de ma vie, que j’ai hésité à raconter ici, est remonté dans ma mémoire. Le vieux maudit m’a permis de passer un bon moment de souvenir, de sentir à nouveau l’odeur des pavés de la vieille capitale.
Repose en paix vieux métèque, je te pardonne aujourd’hui… Ça aura pris quand même plus de vingt années…

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Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans…

 

phototruiteenfant2Ça a le style, les fringues, le flou d’époque.
Je vous avais parlé dans mon introduction à ce blog voilà bientôt une année déjà, de MA rivière, de MON bassin, de MES truites.
Ces belles zébrées méditerranéennes que mon père pêchait avec sa vieille canne en bambou véritable, lourde comme un âne mort…
J’ai retrouvé cette photo où je suis fier de la prise. Je devais avoir trois ans, peut-être quatre… Les années 70… La maille à 20 voire 18cm…
Je ne suis pas venu à la pêche sur le tard, la pêche est venue à moi dès mon plus jeune âge.

Les choses ont changé, trop peut-être. Aujourd’hui le bassin devant lequel je pose est plein d’herbe folle, les galets en guise de dalles ne sont plus lustrés par les sabots des vaches, chèvres et autres brebis.
Les AAPPMA ardéchoises se battent pour maintenir les souches naturelles de farios dans leurs cours d’eau. Et puis il y a ceux qui n’ont pas vu le temps changer, qui pensent encore que la nature est plus forte que l’homme quand il s’agit de vider les rivières.
Pour ce qui est de vider les rivières, de nouveaux occupants s’en chargent, inconnus il y a encore dix ans dans la région : les hérons. Trop frais, trop haut pour eux normalement. La désertification des campagnes, l’abandon des cultures et le délabrement des berges ne lui laissent que trop de possibilités pour s’établir durablement. Les cormorans se joignent au bal paraît-il…
À qui la faute ? Doit-on laisser la nature faire son oeuvre quand on connaît les dégâts que produisent quelques individus dans un torrent de montagne déjà bien fragile ?
Subit-on aujourd’hui les conséquences du laxisme généralisé à une époque où l’on croyait les ressources inépuisables, où le pétrole n’avait pas encore subi sa première crise ?

Je vois aller les gens ici, au Québec et je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec cette époque si clairement présente dans mes souvenirs. Je vois les mêmes erreurs, les mêmes comportements avec pour trame de fond des cours d’eau toujours plus durs à accéder, toujours plus privés d’accès par des riverains possessifs qui ont oublié que ceux-ci ne leur appartenaient pas.
Je vois un parc halieutique qui se dégrade mais où certains se mobilisent encore pour défendre l’indéfendable, pour se dresser devant les quelques mesures de sagesse (trop peu nombreuses) que prend le ministère.
Comment s’opposer au moratoire sur la perchaude au lac St-Pierre ?
Comment défendre l’utilisation de poisson-appât quand de trop nombreux lacs se voient envahis par des espèces indésirables qui déséquilibrent tout un écosystème simplement parce que quelques personnes les y ont introduites par leurs parties de pêche ?
Comment vouloir s’opposer aux tailles réglementaires du doré quand les stocks diminuent à vue d’oeil dans nos cours d’eau ?
Comment accepter des quotas déjà démesurés pour certaines espèces comme l’omble de fontaine (truite mouchetée, le quota est de 15 par jour et par pêcheur dans beaucoup de zones) mais surtout comment encore tricher en les dépassant sans aucune rancune comme certains le font ?

Je regarde cette photo et je pense à mon fils. Je ne sais pas si un jour je le photographierai avec une belle prise. Je ne suis pas un intégriste du catch and release même si je remets la grande majorité de mes prises à l’eau. Je n’en ai d’ailleurs gardé aucune en 2012, toutes sont reparties saines et sauves.
Je pense qu’il est acceptable de garder quelques prises de manière raisonnée. J’aimerais tellement lui faire connaître le bon goût de la chair d’une de ces belles sauvages qui ont titillé mon palais avec leur odeur de beurre fondu qui rendait la peau croustillante…
Que les intégristes soient condamnés à bouffer du poisson pané issu d’élevage le restant de leurs jours !
Tiens, à propos d’élevage, une ferme marine de la baie de Fundy, Kelly Cove (Cook Aquaculture), vient d’être condamnée pour usage d’un pesticide, la cyperméthrine. Là aussi il y aurait beaucoup à dire quand on voit les ravages que font ces fermes d’élevage qui demeurent une anomalie aujourd’hui au Canada. À quand une bonne legislation pour les obliger à produire proprement et durablement dans des lieux qui ne mettent pas en cause l’écosystème environnant comme on le voit de plus en plus aux USA ?

Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître… On bouffait du saumon à Noël, on n’en trouvait pas au supermarché du coin 365 jours par an… Il y avait des montaisons énormes dans les rivières à saumon au Québec. Il n’y avait pas de pesticides dans l’eau ou plutôt il y en avait des tonnes mais personne ne les mesurait. Les trente glorieuses se moquaient bien de ce qu’il y aurait après elles. Les boomers arriveraient bientôt au pouvoir et tout irait pour le mieux. Après tout, ils ont bien fait la révolution sexuelle et la révolution tranquille…
En 2013, les boomers sont là, la situation est pire que jamais. Ceux qui sont au pouvoir essayent tant bien que mal de tirer le peu de couverture qu’il reste à tirer, après tout ils ont « travaillé fort » paraît-il pour se payer des belles retraites. Les nouvelles générations aimeraient bien travailler fort… Travailler tout court d’ailleurs, mais elles ne rêvent même plus d’une retraite. L’espérance de vie diminue, une première depuis les guerres, l’eau est pleine de merdes, la bouffe aussi. Les génies de l’agro-alimentaire essayent de nous imposer leurs dernières créations.
Qu’importe, la terre continue à tourner, l’eau à couler, tant que les fonds de pension font un bon rendement, tout va pour le mieux !

Quelques mouches sur un même thème.

Je suis moins actif ces derniers temps. La vie est ainsi faite. Concours de circonstances ou petits soucis (rien de grave rassurez-vous) rythment nos journées et comme on dit, les jours se suivent et se ressemblent. D’ailleurs, ils se ressemblent tellement qu’après quelques nuits écourtées par la varicelle de bébé, ce fut mon tour ce matin de rester cloué au lit !
Ça n’a sûrement aucun lien avec la fièvre de ce matin mais disons que l’hiver commence à me courir sur le système…
Bref, tout ça pour dire que j’ai eu beaucoup de mal à trouver le temps nécessaire pour honorer mes engagements à l’échange du mois de mars de gobages.com.  Cet échange s’articulait autour d’un matériau imposé qui ne m’inspirait vraiment pas : le lurefil de « Mouches Devaux ». La version qui me fut livrée était orange, autant dire rien pour palier à mon manque d’inspiration. À noter que ce matériau est l’équivalent du UNI-Flexx.
Toutefois, j’ai décidé pour cet échange, de produire une mouche « crevette » très productive avec l’achigan mais aussi bien d’autres espèces, truites, perchaudes…

crevette

Deux brins de lurefil constituent le dos de la crevette, apportant une brillance intéressante et servant à la séparation de la plume qui constitue les pattes (péréiopodes et pléopodes). Cette mouche est montée sur un hameçon C53S #8 de Mustad avec des yeux de monofilament (100lb test, chauffé et trempé dans le vernis noir), rostre-corps-queue en laine synthétique peignée achetée chez Walmart (et volé à ma douce, sûrement de l’acrylique ou du Dacron), UNI-Mylar #10 Pearl pour la brillance du rostre, plume de poule orange, colle UV Loon Clear Fly Finish.

Devant mon indécision face à ce matériau imposé, j’ai composé quelques mouches pour m’aider à choisir.

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chiro2

Finalement, vu mon énorme retard, j’ai décidé d’envoyer à chacun des participants (douze au total) un des deux chironomes à corps de herl de paon. J’espère qu’ils me pardonneront d’avoir retardé cet échange…
Ah oui j’oubliais. Je vais produire dans les jours qui viennent une fiche photographique du montage de la crevette, cet exercice ayant été imposé lors de l’inscription à l’échange. Je la mettrai en ligne sur salmotruttafario dès que possible !
Bonne pêche ! 😉

Super Fly, (la dernière) fin de l’histoire.

Je vous avais parlé lors d’un précédent article, de la qualité douteuse des plumes de perdrix de la marque Super Fly.
Je vous avais aussi informé que la marque Super Fly, basée à Edmonton en Alberta, avait pris très au sérieux ma plainte et avait promis de se faire pardonner en m’envoyant un petit dédommagement. C’est chose faite puisque la semaine dernière j’ai reçu par UPS un colis de leur part. Et quel colis !!!
Je trouve leur démarche courageuse car il n’est pas commun de voir une société de distribution reconnaitre ses torts (ils ont bloqué tout un stock identique à celui incriminé qui était destiné à la vente) et de travailler sur le champ, afin d’améliorer la qualité de ses produits. On appelle ça le service à la clientèle. Ça fait du bien de ne pas se sentir comme trop souvent, le dindon de la farce…

J’ouvre donc le colis et qu’y trouvais-je ?
– Une casquette Superfly.
– Un paquet de plumes de perdrix de bonne qualité celui-là ! 🙂
– Un mousqueton en forme de poisson, enfin j’imagine que c’est pour attacher du stock sur la ceinture des waders ou sur le gilet.
– QUATRE paquets de différentes couleurs de CDC « Marc Petitjean » de 1gr !
– Une belle carte d’artiste avec un gentil mot signé de la main du « sale coordinator » Joe et de la présidente de Superfly Janna, avec, cerise sur le sundae, un petit mot en français…

superflygift

Pas de doute, Superfly sait satisfaire ses clients et les prend au sérieux.

Thank you very much Joe, Janna and Superfly. 😉

L’éloge de la lenteur.

Les plus jeunes ne peuvent pas le savoir mais il y avait une époque avant le fast-food, avant wikipédia, avant même les textos.
Je passe pour un vieux con, je rentre dans le club des quadragénaires dans quelques jours…
Vous me direz, il existe depuis quelques années une réelle tendance pour le « slow ». On voit émerger des « slow-food », on essaye de prendre le temps de vivre, même l’économie semble vouloir prendre une pause à la « croissance », au toujours plus, toujours plus vite. Certains appellent cela la crise, d’autres y voient un passage obligé pour préserver ce qui peut encore l’être et laisser autre chose qu’une poubelle aux générations futures.
Je divague…

Vous le savez sûrement vous qui me suivez depuis maintenant plus de huit mois, j’ai un faible pour les cannes en fibre de verre de nos grand-pères, depuis que mon ami Phil m’a introduit dans ce monde mystérieux des « fiberglass flyrodders ». Je ne boude pas les « carbones » mais tout de même…

La fibre de verre est à la pêche à la mouche ce que le disque vinyl est à la musique ou ce que le boeuf bourguignon à la gastronomie. Exit le carbone, les disques CD ou le Big-Mac, on est dans l’expérience sensorielle, pas dans la consommation rapide. On veut que ça mijote, on veut que ça fleure bon, on veut que ça soit rond, on veut sentir la moindre sensation au bout de la ligne… On veut prendre le temps de lancer, de ressentir, d’apprécier.
L’action parabolique d’une fibre de verre est un éloge à la lenteur, au timing. On est dans un autre monde.

Je le disais, certains pensent que nous sommes en pleine crise économique. Ils n’ont pas tort. Je décidai donc d’opérer une transition vers le monde merveilleux de la fibre de verre de la manière la plus douce possible pour mes finances. Cela est possible et même de très belle manière à en croire Cameron Mortenson du Fiberglass Manifesto que vous trouverez dans ma blogroll.
Celui-ci, à travers une « review » des plus intéressantes, incite à l’achat de cannes bon marché mais qui ont tout pour convaincre les plus réticents d’essayer autre chose que leur nerveuse fibre de carbone.
Ce sera une Eagle Claw Featherlight ! Ce seront même deux Eagle Claw Featherlight, c’est mon côté indécis. J’ai opté pour deux modèles : 6,6′ soie 4-5 et 7′ soie 5-6. D’après Cameron, la 6,6′ s’accommode à merveille d’une soie #5 et la 7′ d’une soie #6.

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Ces cannes ne se trouvent pas au Canada. Il a fallu donc que j’en importe.
La première impression est excellente, très bon niveau de finition pour une canne premier prix, poignée en bois de rose et en liège, anneaux en céramique et acier doré. La couleur jaune canari est la marque de fabrique d’Eagle Claw qui produit ce modèle depuis des décennies. Originalité, une règle (en pouces) servant à mesurer les prises est imprimée sur le brin inférieur.
J’ai hâte de pouvoir les essayer sur l’eau, malheureusement au Québec, la truite n’ouvre que fin avril dans les zones intéressantes.

Ah oui j’oubliais : J’ai commandé une petite quantité de Featherlight pour en faire profiter les copains… Et surtout afin d’avoir de meilleurs prix et de minimiser les frais de transport. Vous trouverez ces cannes dans la page « Boutique » du blog. Enjoy ! 😉

Plumes de perdrix, suite et fin.

Comme j’en avais fait part dans mon article « du foutage de gueule« , j’ai contacté la compagnie Super Fly pour les sensibiliser sur la mauvaise qualité des plumes de perdrix qu’ils vendent en sachet.
J’avais eu la promesse de la part d’un des responsables, d’avoir des nouvelles rapidement quant au problème que je soulevais.
Chose faite puisque ce weekend, j’ai reçu un mail me confirmant qu’après vérification du stock disponible dans leur entrepôt, la vente de ce produit allait être stoppée sur le champ jusqu’à ce que la qualité fournie par leur sous-traitant satisfasse aux critères d’exigence  que Super Fly impose à sa gamme de produits.

En outre, la marque s’engage à m’envoyer « un petit cadeau » pour se faire pardonner du « dérangement ».
En conclusion : tout est bien qui finit bien, la marque Super Fly fait montre de sérieux dans la gestion de ses clients et a l’air de se préoccuper de la satisfaction de ceux-ci.
Cela montre aussi qu’il ne faut pas hésiter à contacter les fabricants quand la qualité escomptée n’est pas au rendez-vous.

Je n’ai rien à dire de plus que bravo et merci Super Fly ! 😉

 

Fa(r)ce de…

Je le sentais… Il ne pouvait pas en être autrement.
Les efforts déployés pour pouvoir accéder à ce magnifique outil, que dis-je, cet élément indispensable à ma vie moderne qu’est Facebook seront finalement vains.
Hormis l’aberration qui consiste à proposer des pages « professionnelles » qui ne servent à rien puisqu’elles n’ont aucune visibilité et n’ont aucune fonctionnalité permettant d’interagir avec les autres personnes inscrites sur le réseau, Facebook ne cache plus vraiment ses intentions face au pigeon qui voudra bien se faire avaler (après s’être fait largement cuisiner).
On veut tout savoir de vous, dans les moindres détails afin de pouvoir tirer parti de vos informations en les vendant, en ciblant nos annonceurs, en vous harcelant de jeux, d’amis potentiels, de contacts commerciaux qui feront monter la valeur de l’action, sinon vous voler quelques dollars par l’entremise de jeux débiles dont on vendra aux plus naifs  des « crédits facebook » afin d’évoluer dans une spirale ludique sans fin !

J’avais fait l’effort incommensurable d’ouvrir conjointement un compte personnel, afin d’accéder au « fun » du site et de pouvoir faire ne serait-ce qu’une banale recherche de personne (ou d’institution) par son nom puisque une simple page ne permet pas de telles activités.
Depuis hier, Facebook, pour « des raisons de sécurité » bloque ce compte personnel car il voudrait savoir un peu plus précisément qui je suis. Facebook me trouverait-il avare de renseignements ? La méthode adoptée est simple : leur fournir mon numéro de téléphone (cellulaire) afin qu’ils m’envoient un code de confirmation par SMS.
Manque de bol je n’ai pas de cellulaire et quand bien même j’en aurais un, Facebook pourrait courir longtemps pour en avoir le numéro. Y’a t-il des gens assez naïfs pour donner aussi facilement des éléments personnels à ce genre d’institution ?
Mais là où l’histoire devient somptueuse c’est que, nonobstant leur demande, j’essaye de prouver ma bonne foi d’une manière autre que celle qui consiste à fournir toujours plus de renseignements sur ma vie privée. La méthode alternative proposée : envoyer la photo d’une pièce d’identité légale directement en ligne ! Rien que ça !!!

facebookidentité Imaginez-vous ! Même un commerçant ne peut vous obliger à lui fournir une preuve de votre identité lors des transactions et la police ne le peut que de manière très encadrée !

Ce site est complétement ridicule et il m’est impossible,  faute de pouvoir accéder à mon compte bloqué, de fermer celui-ci ! Un comble ! Inutile de vous dire qu’il est tout aussi impossible de contacter quiconque afin d’arriver à mes fins.

Voilà, mon aventure Facebook s’arrête ici, je ne serai pas le dindon de cette grosse farce qu’est ce site insipide qui piège des millions de personnes à leur insu. En neuf journées de présence, je n’ai rien trouvé qui soit déterminant voire intéressant pour faire évoluer ce blog, pour me faire avancer dans ma démarche.
Je ne comprends toujours pas pourquoi et comment de plus en plus de personnes en font un passage obligé. Je croyais pouvoir en tirer parti, je me suis trompé. La caricature des cochons (voir l’article « Je déteste Facebook« ) est finalement d’une justesse insolente.

Je ne suis pas prêt à y retourner avant que la philosophie même de cet aspirateur à vie privée ne soit largement révisée.
Ce qui pourrait me faire à nouveau tenter l’expérience ? Que le compte soit débloqué sans autre forme de procès ni renseignement glané de manière perverse.
Aussi, faudrait-il pouvoir accéder à une page qui appuie le blog et qui évolue de la même manière que les comptes personnels, sans avoir à fournir moult détails trop privés pour un site qui est bien trop curieux à mon goût. Curiosité évidemment justifiée sous couvert de sécurité et de bienveillance vis à vis de ses utilisateurs…

Je déteste Facebook (bis) !

Je l’avais dit : je déteste Facebook, ramassis insignifiant de récits tout aussi insignifiants de gens qui n’ont pas de vie. « J’ai mangé un gâteau… », « Je suis allé voir Bilbot le Hobbit », « J’ai un rhume », « J’aime cette vidéo de chat »…
Insupportable !
Oui mais… Vous êtes de plus en plus nombreux à m’envoyer des liens, à me dire, dans la vraie vie « va voir ma page Facebook, j’y ai mis les photos de mes boites de mouches » « Connecte-toi sur la page Facebook du club pour participer aux swaps ou aux sorties », etc. Comme si c’était devenu une tare lourde de ne pas posséder de compte, de ne pas pouvoir accéder à ce nouveau Sésame qui organise la vie de tout un chacun !
Las ! J’ai craqué.
Non, je ne me suis pas inscrit à titre personnel, j’en ai rien à faire d’étaler des choses insignifiantes que de toute manière je n’étalerai pas. J’ai découvert qu’une société, une institution, une organisation, bref, toute entité morale pouvait créer un compte sans avoir à dispenser moultes renseignements personnels sur ce grand livre ouvert du déballage indécent de vie privée.
Un dessin humoristique que je trouvais excellentissime (et que j’ai perdu) montrait deux cochons dont l’un des deux, faisant visiter sa porcherie à un autre, lui disait « On est bien ici : on est chauffé, nourris… ». La légende cinglante de ce dessin était : « Si vous n’êtes pas le consommateur alors vous êtes la marchandise ».
C’est exactement mon point de vue face à cette « institution » qu’est désormais Facebook.
Je vais tout faire pour être le consommateur et non pas la marchandise.

Ne me demandez pas de participer à des jeux, des sondages, à faire grimper vos « j’aime » pour gagner un savon au lait de chèvre.
J’ouvre une page pour accéder à tout ce que vous voulez bien vous faire pirater par le monde entier. Je viens quetter de la visibilité, rien d’autre.
Venez, venez, petits, petits, petits…

Phase 2: Facebook, suite.
Voilà maintenant deux heures que j’ai ouvert une page Facebook associée au blog. Vous pouvez la trouver ici.

facebook
Dépêchez-vous, à peine deux heures de balbutiements sur cette page là et je trouve déjà l’affaire très désagréable. Avec ce genre de compte, je ne peux même pas interagir avec quelqu’un d’autre… Je ne vois vraiment pas ce que cela pourrait apporter au blog. Un comble !
Faites-moi mentir, donnez un sens à ce truc insensé… Sinon je ne donne pas cher de la peau de cette page…

De l’art ou du cochon ?

Vous êtes une belle bande d’ingrats ! Oui, vous qui me lisez régulièrement maintenant.
Certes mon blog ne fait pas partie de la blogosphère mondiale point de vue visites mais vous êtes (étonnamment) suffisamment nombreux à mon goût pour m’obliger à trouver de quoi alimenter vos lectures.
Comme disait Maître Ducros, « À quoi ça sert que je me décarcasse ? ». C’est vrai ça, à quoi ça sert qu’on se fende en deux pour parler d’autre chose que de la pluie et du beau temps, qu’on essaye de faire dans l’original ?
Vous ne l’avez même pas remarqué. Peut-être êtes-vous de ceux qui lisent juste les hauts d’affiche, les débuts d’article, le maître de la lecture diagonale, le chantre de la ligne sautée.
Avez-vous remarqué sur la droite, oui là juste à droite dans la colonne qui borde ce texte, il y a des liens ? Avez-vous vu le truc marqué « blogroll » ? Non, vous ne l’avez pas vu, je le sais, Big brother me dit tout, vous ne cliquez quasiment jamais sur ces blogs « amis ». Non, pas ami : suivis, appréciés seraient des termes plus appropriés.
Je vais faire une aparté. C’est fou comme la signification des mots change avec les nouvelles technologies. « Ami » désormais ça sonne Facebook.
Je déteste Facebook, ne m’y cherchez pas, je n’ai pas de voyage bidon, de vidéo de chatons ni de recette maison ratée à « partager ».
N’essayez pas de dire « j’aime » à cet article (ça serait très paradoxal en soi…), comment peut-on aimer quand on a 789 « amis » qui distillent leurs conneries en continu, qui étalent au monde entier le fait qu’ils n’ont pas de vie et qui noient votre « mur » de trucs insignifiants ? C’est quoi l’amour pour vous ? Ne confondez pas bit et bite…

Donc vous, les ingrats, vous n’avez même pas vu que j’avais mis le lien sur un blog australien « The whole larder love« . Non, n’insistez pas je vois qui clique sur quoi, n’essayez pas de vous justifier je sais tout ce que vous faites sur mon blog !
Ce blog écrit par Rohan Anderson m’a harponné avec une simple image : des morilles ! Et oui, en Australie c’est la saison des morilles et le fumet d’une poignée d’entre elles m’est arrivé dans les narines ou du moins dans la partie de mon cerveau détraqué qui est supposée me restituer les odeurs. J’étais fait !
Rohan Anderson est un gars bizarre : un gros nounours avec une casquette à l’américaine qui a décidé de vivre et de bouffer le plus naturellement possible. Ce n’est pas un « grano » bio, végé(x) (remplacer le x par tarien, talien, taré, etc…), il n’a pas choisi la simplicité volontaire mais plutôt un épicurien qui vit un peu comme on peut le voir encore à la campagne, hors des gros circuits de distribution commerciaux.
Son blog vaut le détour. En plus d’image aussi bien léchées que ses petits plats, Rohan nous fait redécouvrir ce que nous savions déjà mais que nous avions volontairement enterré pour diverses raisons. Bouffer ce que la nature nous donne, aux bonnes saisons et même en le produisant nous-mêmes ! Faites votre jardin !
L’homme a un côté un peu fou : il n’hésitera pas à construire un fumoir « grandeur nature ».

Parcourez les pages de son blog, allez voir ses vidéos, vous passerez un bon moment. C’est un bon pêcheur aussi à priori.
Ah oui j’allais oublier, il sort un livre : « The Whole larder love« .
Un gars qui met un Opinel sur la couverture de son bouquin ne peut pas être foncièrement mauvais ! 😉