Une soie naturelle, de l’eau fraîche et des plumes.

Je l’avais dit lors d’un précédent article : un jour je me laisserai tenter par une vraie soie naturelle. Quand je dis « vraie soie naturelle », j’entends par là une soie constituée d’une âme (la tresse au coeur de la soie) faite de vraie soie naturelle, vous savez le petit fil des cocons du bombyx du mûrier.
Vous avez suivi mes essais, plutôt fructueux à mon sens, d’imprégnation d’un fil en nylon tressé pour fabriquer une ligne « semi-artificielle », à base d’huile de lin et de vernis d’époque. Vous me connaissez, la curiosité étant un vilain défaut et étant moi-même affublé de celui-ci, j’ai voulu voir ce qui se faisait du côté des vraies soies, afin de vérifier si tout ce qui se dit à leur propos était vrai.

Je veux mettre les choses au point tout de suite : récemment sur divers forums auxquels je participe, j’ai pu lire bien des choses et surtout des polémiques concernant un fabricant en particulier. Ce fabricant, nommé « Soies Antonio Perez » a essuyé moultes critiques voire insultes et a été purement et simplement exclu de quelques discussions. Je ne jugerai pas ce qui s’est passé, je ne connais pas les tenants et les aboutissants et chacun a ses raisons propres pour agir de la sorte.
Certes, on peut blâmer la communication parfois « agressive » voire déplacée aux yeux de certains sur les réseaux sociaux, de la part de cette société mais je pense qu’il s’agit plus d’un choc des générations entre une jeune personne d’une vingtaine d’années qui est à la tête de cette entreprise et un « establishment » plutôt vieillissant qui ne se gêne pas pour critiquer et remettre en cause le travail voire l’honnêteté d’un nouvel arrivant dans le paysage PALMiste.
Certes, un jeune qui arrive « avec ses gros sabots » et bouscule l’ordre établi dans un monde ou les acteurs n’aiment pas changer leurs habitudes, ça dérange.
Certes, il y a eu quelques maladresses dans la communication et surtout des grincements de dents quant aux tarifs proposés, souvent deux fois moins chers que la concurrence établie… On comprend alors mieux la levée de bouclier même s’il est difficile de comprendre la violence de certains propos qui sont allés jusqu’à remettre en cause l’origine et l’authenticité même des produits proposés.
La question à savoir s’il s’agissait de vraie soie naturelle a longtemps été mise de l’avant, vous imaginez bien, « il est impossible de sortir une vraie naturelle à si bon prix » !!! Les détracteurs en ont eu pour leur argent lorsque un forumeur a fait analyser un morceau de sa soie en laboratoire et a prouvé qu’il s’agissait bien de soie naturelle. Je ne remets pas sa parole en doute, le côtoyant sur des forums privés. De mon côté, je peux confirmer qu’après avoir fait brûler un petit morceaux de ma soie, ça sentait le cochon et non le plastique et ça brûlait lentement (le synthétique a tendance à brûler rapidement et à faire des petites boules en dégageant une odeur très caractéristique), indices généralement révélateurs de la présence de soie naturelle.

Bref, assez pour moi, je n’aborderai plus ce sujet et ne rentrerai pas plus longuement dans ces polémiques ! Je n’ai aucun intérêt dans cette société et les seules relations, désormais cordiales que j’ai avec, se limitent à celles d’un client envers son vendeur.

Le fait est que cette petite entreprise propose des tarifs et un service intéressants à mes yeux. Après plusieurs échanges, au début un peu spéciaux je l’avoue, ( je sentais bien que la réaction de Jeremy pouvait se résumer à « chat échaudé craint l’eau froide », la frontière que crée l’écran d’un ordinateur appelle à la prudence), une discussion cordiale et passionnée s’est installée et j’ai pu commander la soie qui correspondait à mes attentes.

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Ma soie de 3, couleur « camo » avec boucle finale.

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Nouvelle couleur camo proposée en 2015. Superbe !

J’ai choisi une soie numéro 3 « SPORT *** » de 20m en couleur « camo ». La couleur est du plus bel effet et casse avec la monotonie des soies conventionnelles. Aussi, je ne sais pas si l’argument tient mais cela peut présenter quelque chose d’un peu plus naturel pour le poisson, bien que celui-ci ne voie de la soie qu’une longue ombre chinoise…

J’ai eu l’occasion de l’essayer au cours de plusieurs sorties de pêche. Les promesses du fabricant quant à l’entretien minimal et le graissage sont tenues. En effet je n’ai jamais regraissé ma soie qui a pourtant assuré un flottaison parfaite pendant plus de 5h de pêche. Aussi, je ne l’ai pas sortie du moulinet pour la faire sécher à la fin de la journée, je n’ai rien fait de plus que je ne fais avec mes soies synthétiques : simplement la nettoyer sommairement et la graisser le lendemain. Le rodage s’est fait principalement selon la méthode donnée par le fabricant, graisse, « tripotage » et graisse durant de longues minutes… Je sentais la soie s’assouplir un peu plus au fil des longues heures de pêche.

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Première sortie et première prise en sèche pour ma nouvelle soie, en ce milieu d’automne.

J’aime beaucoup le feeling qu’elle procure avec ma petite canne en fibre de verre #3 (blank Lamiglas). La soie glisse parfaitement dans les anneaux sans aucune résistance et en laissant entendre un doux son de frottement. La puissance de lancer est excellente pour une parallèle (d’après ma petite expérience de lanceur) et les posers sont beaucoup plus délicats que ceux que je faisais avec mes synthétiques. Son diamètre étant inférieur aux soies en plastique, elle travaille mieux lorsqu’il y a du vent. En somme, je suis conquis par cette soie naturelle !

Jeremy et son père proposent aussi d’autres produits (je vous laisse visiter son site www.antonioperez.fr)  : des cannes en bambou refendu, des moulinets, boîtes à mouches, etc. et surtout, ce qui a attiré mon attention, quelques belles plumes pour le montage. Il propose par exemple des superbes pelles de pardo de León d’origine contrôlée. Je lui ai demandé de me vendre une sélection de plumes et je ne fus pas déçu en ouvrant mon colis.

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Hommage à Rafaél Del Pozo et son livre « Mouches pour la pêche ».

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De magnifique pelles de pardo « flor de Escoba »

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Plumes de dinde teintées.

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Une beau choix pour les corps des petites mouches. Plume de dinde « olive ».

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Plumes de dinde aux mille reflets.

La société Antonio Perez propose des plumes de dinde provenant de son élevage personnel. Ces plumes sont utilisées entre autres pour le montage d’ailes de mouches, les biots et les fibres des rémiges qui peuvent être considérées comme des substituts de condor servent par exemple au montage des corps. Toutes les plumes reçues sont de très belle qualité. Ne me reste plus qu’à les utiliser pour monter quelques mouches que je pendrai sans scrupule au bout de ma soie naturelle à l’ouverture de la saison prochaine…

PS : Cet article n’est pas un « publi-reportage » et si je n’avais pas été (ou dans l’avenir ne serai pas) satisfait des produits et du service, je l’aurais dit (et le dirai)  sans ambages. Je l’ai déjà fait dans le passé pour d’autres produits… C’est quand même fou qu’il faille se justifier quand on écrit quelque chose de bien concernant un produit décrié…
Sinon, ceux qui veulent voir l’ensemble des produits Antonio Perez, c’est par là : www.antonioperez.fr

Canne en fibre de verre : montage d’une 7′ #5 – Fin !

Je n’ai pas chômé durant mon absence virtuelle sur ce blog. Enfin pas tous les jours…
Je me suis pris en main pour terminer la canne 7′ soie 5 dont je vous ai déjà parlé précédemment. J’ai refait une grande partie des ligatures, pris soin de les faire « by the book » : toujours terminées sur le même axe, taille identique, vérification de la position des anneaux quasiment au millimètre… J’ai pris mon temps mais j’ai fait de mon mieux.

L’étape du vernis m’angoissait un peu. En fait, ce n’est pas l’étape la plus difficile même s’il faut prendre soin de respecter quelques règles. J’ai commencé par fabriquer mon tour à séchage avec un moteur 9 tours/minute commandé sur eBay et d’y monter un système d’assemblage « auto-centré » fait à partir d’un bouchon en PVC, de quatre vis nylon et de deux élastiques forts. Il suffit de serrer l’embout de la canne entre les élastiques et le tour est joué… La canne se centre toute seule sur son axe de rotation et le séchage ainsi que la pose du vernis en sont d’autant optimisés puisque aucun à-coup ne se fait sentir.
Pour le vernis, j’ai choisi le Flex Coat High Build qui permet une bonne protection sans nécessiter une multitude de couches. Flex Coat garantit un travail parfait en une seule couche. J’en ai fait deux. Cependant j’ai dilué mon époxy (car en fait il s’agit d’une résine époxy, pas d’un vernis) avec de l’alcool éthylique pur. La première couche, qui doit imprégner le fil a été diluée à 25%, la seconde à 10%. Il faut vraiment réaliser des mélanges très précis, l’utilisation de mini seringues graduées au 1/10 de ml n’est pas un luxe…
J’ai été confronté au problème des micro bulles dans la résine. La température ambiante estivale étant plutôt propice à un bon mélange de l’époxy, je n’ai pas jugé nécessaire de chauffer les composants avant. J’aurais peut-être dû car j’ai retrouvé une multitude de micro-bulles sur mes ligatures. Certes, quand je dis micro-bulles, j’avoue que j’ai regardé chacune des ligatures à la loupe après les avoir vernies. J’ai une lampe à alcool que certains utilisent pour résoudre le problème. J’avoue que je n’ai pas trop aimé l’utiliser mais je pense que cela est dû à mon manque d’expérience. J’ai donc utilisé un vulgaire briquet et le résultat fut plutôt convaincant. Il reste quelques micro-bulles par-ci, par-là quand on regarde à la loupe mais quasiment aucune n’est visible à l’oeil nu. J’ai laissé sécher la canne montée durant 24 heures en la laissant tourner à 9 tours/minute.

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La canne finie sur sa housse en coton fait maison (elle aussi).

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E-Glass 7′ soie 5 de Graywolf. Léger, la canne ne pèse que 93 grammes…

Détail du porte moulinet en ronce.

Détail du porte moulinet en ronce.

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Détail de l’anneau d’agate et ses ligatures

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Détail d’une ligature vernie avec anneau monopatte.

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Les deux brins côte à côte sur leur étui en coton

J’ai pris le parti de faire un vernis très fin, le moins épais possible afin de ne pas alourdir la canne ni son apparence. Je n’aime pas beaucoup les ligatures en « ballon de rugby » comme on le voit souvent sur les cannes du commerce.

Il ne me reste désormais plus qu’à signer la canne. Je ne sais pas vraiment qu’écrire hormis les caractéristiques de celle-ci. Peut-être cela suffira t-il finalement ?

J’ai fabriqué l’étui qui lui sert d’écrin. J’ai choisi un tissu épais, de la toile de peintre bordé d’un liserai vert foncé. Grâce à l’aide de ma tendre moitié, cela fut fait en très peu de temps. La pose du biais était la chose la plus délicate à réaliser.
Si vous n’avez pas d’étui souple, n’hésitez-pas à en faire un vous-même, cela fait une économie substantielle sur le budget et il sera tel que vous le voulez. Si vous n’y arrivez pas, contactez-moi ! 🙂

J’ai eu l’occasion de lui faire son baptême de l’eau. La première prise fut un achigan à petite bouche d’environ 30cm qui m’a donné un combat digne de ma nouvelle canne. Quelques laquaiches ont suivi.
La fibre de verre est vraiment très agréable au feeling, tout se passe en souplesse. La canne ne manque cependant pas de nerf pour lancer une quinzaine de mètres d’une soie de 5, sans forcer et dans un bon tempo. Les fibres de verre actuelles sont loin de celles de grand-papa.
Cette canne est certainement de bonne qualité et m’apporte déjà beaucoup de plaisir sur l’eau. La satisfaction de l’avoir réalisée soi-même rajoute au plaisir. L’aventure valait le coup d’être tentée…
Prochaine réalisation, peut-être bien un blank Kabuto que mon ami Phil cache dans ses placards depuis quelques mois… 😉

Le Tenkara, vous connaissez ?

J’aurai l’occasion d’en parler longuement plus tard mais je ne peux cacher plus longtemps l’intérêt que je porte à cette technique japonaise de pêche à la mouche appelée Tenkara.
Très proche dans l’esprit de la pêche au toc que je connais très bien, l’ayant pratiquée depuis mon plus jeune âge, le tenkara est plus qu’une technique, c’est une philosophie, une façon de penser et d’agir.
S’il devait y avoir un seul mot pour définir le Tenkara, ce serait « simplicité ». Une canne, un leader, un bas de ligne et une mouche, pas de moulinet, rien d’autre.
Certains se plaisent à raconter que quelques grands maîtres du Tenkara japonais n’ont jamais pêché qu’avec un seul modèle de mouche durant toute leur vie. Le célèbre « match the hatch » n’a pas vraiment de raison d’être en l’occurrence, tous les efforts étant concentrés sur la présentation.
L’expérience donne du crédit à cette approche même s’il convient tout de même de relativiser.
Avant de me lancer dans l’achat d’une canne Tenkara, difficilement trouvable au Québec et souvent vendue hors de prix ailleurs qu’au Japon, j’ai voulu m’imprégner de cette technique, de cette culture, via quelques lectures et notamment l’excellent guide « Tenkara: Radically Simple, Ultralight Fly Fishing« . J’ai aussi commandé sur le site américain http://www.tenkaraflyshop.com quelques mouches, montées dans l’esprit Tenkara avec des techniques qui lui sont propres comme les hackles inversés.

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Quelques beaux exemplaires de mouches Tenkara Sakasa Tebari.

J’ai eu plaisir à communiquer avec Jim, le propriétaire de cette petite compagnie qui propose des produits de première qualité. Les mouches sont très bien montées et paraissent solides, la finition impeccable. J’ai commandé quelques exemplaires typiques du Tenkara, montés sur des hameçons sans oeil, avec une boucle d’attache en soie : de toute beauté.
Je vous recommande ce site pour l’achat de vos mouches Tenkara. Cerise sur le sundae, Jim offre une petite boîte en bois, à l’achat de 12$ et un modèle légèrement plus grand pour toute commande de 18$ et plus…

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La boîte offerte à l’achat de mouches.

Jim produit à la main des boîtes à mouches en bambou d’une beauté indéniable et il espère pouvoir proposer bientôt des blanks et des cannes entièrement faites de bambou recuit. J’attends cela avec impatience…

Super Fly, (la dernière) fin de l’histoire.

Je vous avais parlé lors d’un précédent article, de la qualité douteuse des plumes de perdrix de la marque Super Fly.
Je vous avais aussi informé que la marque Super Fly, basée à Edmonton en Alberta, avait pris très au sérieux ma plainte et avait promis de se faire pardonner en m’envoyant un petit dédommagement. C’est chose faite puisque la semaine dernière j’ai reçu par UPS un colis de leur part. Et quel colis !!!
Je trouve leur démarche courageuse car il n’est pas commun de voir une société de distribution reconnaitre ses torts (ils ont bloqué tout un stock identique à celui incriminé qui était destiné à la vente) et de travailler sur le champ, afin d’améliorer la qualité de ses produits. On appelle ça le service à la clientèle. Ça fait du bien de ne pas se sentir comme trop souvent, le dindon de la farce…

J’ouvre donc le colis et qu’y trouvais-je ?
– Une casquette Superfly.
– Un paquet de plumes de perdrix de bonne qualité celui-là ! 🙂
– Un mousqueton en forme de poisson, enfin j’imagine que c’est pour attacher du stock sur la ceinture des waders ou sur le gilet.
– QUATRE paquets de différentes couleurs de CDC « Marc Petitjean » de 1gr !
– Une belle carte d’artiste avec un gentil mot signé de la main du « sale coordinator » Joe et de la présidente de Superfly Janna, avec, cerise sur le sundae, un petit mot en français…

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Pas de doute, Superfly sait satisfaire ses clients et les prend au sérieux.

Thank you very much Joe, Janna and Superfly. 😉

Plumes de perdrix, suite et fin.

Comme j’en avais fait part dans mon article « du foutage de gueule« , j’ai contacté la compagnie Super Fly pour les sensibiliser sur la mauvaise qualité des plumes de perdrix qu’ils vendent en sachet.
J’avais eu la promesse de la part d’un des responsables, d’avoir des nouvelles rapidement quant au problème que je soulevais.
Chose faite puisque ce weekend, j’ai reçu un mail me confirmant qu’après vérification du stock disponible dans leur entrepôt, la vente de ce produit allait être stoppée sur le champ jusqu’à ce que la qualité fournie par leur sous-traitant satisfasse aux critères d’exigence  que Super Fly impose à sa gamme de produits.

En outre, la marque s’engage à m’envoyer « un petit cadeau » pour se faire pardonner du « dérangement ».
En conclusion : tout est bien qui finit bien, la marque Super Fly fait montre de sérieux dans la gestion de ses clients et a l’air de se préoccuper de la satisfaction de ceux-ci.
Cela montre aussi qu’il ne faut pas hésiter à contacter les fabricants quand la qualité escomptée n’est pas au rendez-vous.

Je n’ai rien à dire de plus que bravo et merci Super Fly ! 😉

 

Des plumes teintes, des plumes « bio ».

Teindre, verbe du troisième groupe : je teins, tu teins, il teint… Participe passé du verbe : teint. Adjectif : teint, teinte.
Juste un petit rappel de conjugaison simplement pour me faire comprendre par le plus grand nombre car j’entends et lis trop souvent le terme « teindu » et autres joyeusetés pour signifier le fait qu’un objet a fait l’objet d’une teinture. Voilà c’est fait, passons à l’essentiel:
Vous avez sûrement remarqué qu’on ne trouve pas toujours les couleurs désirées pour nos matériaux de montage.
Il existe divers produits, distribués par certaines marques dont la plus connue est Veniard, destinés à teindre les plumes, poils etc. . Ces produits sont relativement chers et éventuellement chimiques.

Il existe aussi des méthodes alternatives et naturelles que j’appellerai « bio », qui permettent d’obtenir des résultats très probants sans se ruiner. Cela vous en coûtera quelques sacs d’épices, mais finalement, ça n’est pas cher payé quand on voit le résultat. J’ai cherché sur Internet diverses recettes et j’ai trouvé quelques pistes intéressantes, suffisamment du moins pour tenter l’expérience.
Je voulais teindre en jaune quelques plumes de malard et de sarcelle afin de créer des « substituts » de canard branchu, nécessaires au montage des Gordon Quill. Une fois lancé, j’ai décidé de « sacrifier » quelques quills de paon que j’avais ébarbés dans mes moments de grande solitude, afin de voir comment ceux-ci réagissaient à la teinture… Certains conseillent de laver les plumes et les quills avec un savon doux (savon a lessive genre Woolite) avant de les teindre.  Je ne l’ai pas fait car cela ne me semblait pas nécessaire vu l’excellent état de mes matériaux.

La recette est simple : Prendre 500ml d’eau, les faire chauffer. Quand l’eau commence à être relativement chaude, y verser une cuillère à soupe (15ml) de vinaigre d’alcool et la quantité désirée de colorant. En l’occurrence j’y ai versé environ 2/3 de cuillère à soupe (soit 10ml) de curcuma. Bien remuer. Quand l’eau commence à frémir, arrêter le feu et y plonger ses plumes, poils, etc.
Le temps de trempage dépend de la teinte que vous voulez obtenir. J’ai laissé tremper les miennes environ une minute trente. (1)
Autant dire qu’il faut une certaine expérience et pas mal d’essais/erreurs pour parvenir à ses fins. Rincer abondamment à l’eau froide. Idéalement, faire tremper quelques minutes dans un bac d’eau froide. Laisser sécher à l’air libre.

Les plumes avant et après. Le curcuma produit une belle teinte jaune dorée.

Les plumes avant et après. Le curcuma produit une belle teinte jaune dorée.

Le résultat que j’ai obtenu est assez encourageant, aussi bien pour les plumes que pour les quills de paon.

Le curcuma produit une teinte intermédiaire jaune/vert olive sur les quills de paon.

Le curcuma produit une teinte intermédiaire jaune/vert olive sur les quills de paon.

Bien que la teinture jaune sorte un petit peu trop foncée sur les plumes, par rapport à mes attentes, je suis assez satisfait du résultat.

On peut essayer diverses recettes pour obtenir les couleurs désirées : curcuma (jaune), paprika (rouge/orange), teintures alimentaires (quelques $ dans les supermarchés) et même certains utilisent les poudres « Kool Aid » (poudres de préparation pour boisson sucrées, dont j’ignore la disponibilité en Europe) qui font à priori des merveilles !  Tapez « dyeing with Kool Aid » et vous trouverez des dizaines de sites de tricot qui expliquent comment faire. 😉

Bonne teindure, oops pardon teinture ! 😉

(1) : Un conseil : disposez un large tamis (ou chinois, tout ce qui a des mailles fines en métal) trempé dans votre solution de teinture avant d’immerger les plumes et quills. Vous vous éviterez bien des désagréments quand il s’agira d’aller à la pêche dans une solution plutôt opaque et très chaude…

Du foutage de gueule…

Vous le savez, les matériaux destinés au montage de mouches sont souvent très chers.
La mode des implants capilaires à base de hackles de coq ne fait rien pour arranger l’affaire et l’on trouve désormais des cous de qualité tout juste moyenne à des prix exorbitants. Ne cherchez pas un cou grizzly Metz ou Whiting Farms de bonne qualité en dessous de 70-80$ CAN… Ça commence à faire cher la plume…
La solution de repli, quand on ne veut pas investir toutes ses économies dans une peau complète ou un cou de bonne qualité, consiste à acheter des petits paquets de plumes sélectionnées qui suffiront pour la majorité des monteurs. Cependant, là encore, le prix à la plume peut être quelque peu prohibitif.
Récemment, sur le forum gobages, un « gobnaute » a poussé un coup de gueule concernant des plumes de perdrix achetées en sachet. Il n’a pu exploiter que très peu de ces plumes alors que le dit paquet se vend tout de même à un prix assez élevé. Il n’en fallait pas moins pour que ma curiosité soit piquée et que j’achète à mon tour un de ces petits paquets, estampillé d’une marque très connue dans le monde du montage de mouche. J’ai voulu trier le bon grain de l’ivraie et là, comme mon « gobnaute » le disait très justement, on frise le foutage de gueule.

À droite, les "plumes" presque exploitables, à gauche les déchets...

À gauche, les « plumes » presque exploitables, à droite les déchets… Et j’ai été très « généreux » dans le tri, bon nombre de plumes sont inexploitables.

Je me suis contenté de trier les plumes qui sont entières et qui correspondent à peu près à ce que la description nous laisse présager. Inutile de dire que même dans ce petit tas de plumes triées, bon nombre sont cassées, partiellement ébarbées et quasi inexploitables.

En conclusion : même si cela est plus cher, n’hésitez pas à acheter un cou ou une peau complète, vous en aurez bien plus pour votre argent ! Si toutefois vous penchez encore pour les petits paquets comme celui-ci, n’hésitez pas à l’ouvrir avant de l’acheter et à vérifier si la qualité et la quantité valent le prix annoncé ! En l’occurrence ça ne le valait pas.
Quant à moi, je m’empresse de communiquer avec Super Fly pour leur demander une explication…

To be continued… 😉

Edit : voir la fin de l’histoire dans l’article « Superfly, la (dernière) fin de l’histoire »,